Mandat
Le RQAPES est une association qui rergroupe des associations ou des regroupements professionnels de personnes exerçant dans le champ de l'éducation spécialisée qui a pour but:
- Défendre et promouvoir les intérêts de la profession;
- Travailler en partenariat avec des organisations présentant des intérêts communs.
Informations
Adhésion
Conditions
Pour devenir membre du RQAPES, contactez-nous.
Historique de la profession d’éducateur spécialisé
Tiré du mémoire de la Coalition québécoise des professionnels de l'éducation spécialisée
Les débuts de l’éducation spécialisée sont difficiles à circonscrire de manière précise puisque peu d’écrits, du moins au Québec, peuvent nous éclairer sur le sujet. Nous savons toutefois que de la prise en charge par les instances religieuses jusqu’à la notion de soins hospitaliers pour les moins bien adaptés de la société, il y a toujours eu des formes d’interventions pour ceux et celles incapables de vivre de façon autonome. Ces formes ont oscillé de la bienveillance à une très grande dureté dans l’approche, le tout dépendant des difficultés, des connaissances, des valeurs de l’époque ou encore des personnes à qui l’on confiait cette prise en charge.
On reconnaît toutefois que les mots « éducation spéciale » sont apparus pour la première fois dans un texte d’Itard, investigateur du langage des signes, qui utilisait cette expression dans la « Lettre au rédacteur des Archives sur les sourds-muets qui entendent et qui parlent »2. Il ne fut toutefois pas le seul à consacrer son travail à aider des personnes en difficulté. Plusieurs noms ont aussi traversé l’histoire et ils ont été, chacun à leur façon, des pionniers de l’éducation spécialisée : Jean-Louis Vivès, Jean-Paul Bonet, Vincent de Paul, L’Abbé de l’Épée, Valentin Haüy, Henri Pestalozzi, Édouard Séguin, Désiré-Magloire Bourneville, Maria Montessori ou Jean Bosco. Ces noms sont tous synonymes de prise en charge humanitaire au moyen d’approches éducatives, qui ont plus ou moins façonné la pratique actuelle de l’éducation spécialisée.
Les lieux recueillant les personnes en difficulté ont aussi porté, au cours de l’histoire, plusieurs noms : hospice, asile d’aliénés, orphelinat, maison de correction... Mais ils avaient en commun de soustraire de la vue de la société ceux et celles qui étaient différents, qu’on ne voulait pas voir et dont personne n’était en mesure de s’occuper.
L’époque contemporaine de l’éducation spécialisée, telle que nous la connaissons aujourd’hui, débute en France entre les deux guerres mondiales.
Vers 1937, s’amorce une vigoureuse campagne de presse dont l’objectif est d’alerter la population du traitement impitoyable infligé aux jeunes placés dans des institutions que l’on qualifie de bagnes d’enfants.3
Les jeunes qui s’y retrouvaient étaient traités durement par des surveillants ne détenant aucune formation et que l’on nommait souvent « les pions ». Ces derniers intervenaient au moyen de méthodes de redressement du comportement considérées comme brutales et inefficaces. La prise de conscience du vécu des jeunes, en ces lieux où se retrouvaient principalement les orphelins de la guerre et les enfants considérés comme difficiles, a poussé le gouvernement français à réfléchir sur de nouvelles approches pour ces jeunes. Constatant que la médecine et le clergé manquaient parfois de moyens pour y arriver et selon les valeurs émergentes de l’époque, le gouvernement se tourna vers le mouvement scout fondé par Robert Baden-Powell. Ce mouvement était reconnu pour son expertise dans la prise en charge de jeunes et dans la planification d’activités.
Prise de conscience sociale et convivialité, voilà donc deux des principaux points de repère des pionniers qui ont tenté de décrire le contexte général où l’action éducative spécialisée a trouvé son sens dès le début.4
Au Québec, l’organisation de la profession a commencé dans la deuxième moitié du XXe siècle. La première personne à se former outre-mer avec les pionniers français de la profession fut M. Gilles Gendreau. À son retour, son implication se traduira par l’élaboration du « premier programme de formation destiné aux futurs éducateurs spécialisés, programme qui fut approuvé par l’Université de Montréal dès 1953. C’est alors que futcréé le Centre de Formation d’Éducateurs Spécialisés (CFES) ».5
Ce programme devint par la suite un certificat en éducation spécialisée de l’Université de Montréal puis, au début des années 70, s’élargit sous le nom de « l’École de Psychoéducation » offrant dans un premier temps, un baccalauréat puis une maîtrise en psychoéducation. Ce changement de nom fut nécessaire afin de ne pas confondre l’éducation spécialisée naissante avec la faculté d’éducation nouvellement créée.
À cette même époque, le Québec connaissait une véritable révolution dans le domaine de l’enseignement et mettait sur pied les tous nouveaux collèges d’enseignement général et professionnel (cégep). Ces établissements d’enseignement sont alors créés pour offrir un enseignement postsecondaire pouvant permettre d’accéder à l’université ou d’approfondir une profession de niveau technique. C’est dans la foulée de cette révolution qu’est d’abord apparu un programme « d’éducateur de cadre » puis « d’éducateur de groupe ». Finalement, les cégeps offraient une formation qui avait pour nom « rééducation institutionnelle ». En 1969, ce programme collégial prend le nom, tel qu’on le connait aujourd’hui, de « Techniques d’éducation spécialisée ».
Encore aujourd’hui, il n’est pas rare que les professions d’éducateur spécialisé et de psychoéducateur soient confondues puisqu’il est bien question d’une seule et même discipline qui s’enseigne sur un continuum allant du collégial à l’universitaire. À ce sujet, les propos de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation et des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec sont éloquents :
« On peut donc dire que les psychoéducateurs et les techniciens en éducation spécialisée sont tous des éducateurs spécialisés, même si ce terme est accolé aux techniciens de niveau collégial. Ils appartiennent tous deux au même champ de pratique même si leur niveau de formation est différent »6.
Bibliographie.
2CAPUL, Maurice, LEMAY, Michel. De l’éducation spécialisée, Ramonville, Éditions érès (1997) p.27
3GENDREAU, Gilles, LEBON, André, MÉTAYER, Diane. L’Action psychoéducative ; Pour Qui? Pour Quoi ? Paris, Édition Fleurus (1990) p. 24
4GENDREAU, Gilles, LEBON, André, MÉTAYER, Diane. ibid., p. 25
5LE BLANC, Andrée, ps.éd. Ces enfants qui m’ont tant appris (propos recueillis auprès de Marie-Paule Leduc). Coll. d’un risque à l’autre, Montréal, Éditions Sciences et Culture, 2003. p. 25
6Renou, M. (2005) p. 51 « Psychoéducation, une conception, une méthode »; édition sciences et culture

